...

[ Ajouter un commentaire ] [ Aucun commentaire ]

# Posté le samedi 28 janvier 2006 16:05

Les guerres et les famines

L'Éthiopie est tristement connue, à travers les médias, par ses famines dont elle souffre mais aussi par ses guerres récentes qui n'ont fait qu'aggraver la situation. Nous, créateurs du skyblog, ne sommes pas là pour juger. Nous parlerons des guerres sans jamais donner notre avis. Nous vous demandons de ne pas envoyer de commentaire qui serait une insulte à un des pays concernés par les conflits.
[ Ajouter un commentaire ] [ Aucun commentaire ]

# Posté le samedi 28 janvier 2006 16:54

Les famines

Les famines
Pourquoi les famines frappent l'Éthiopie ?

L'appauvrissement croissant de la population est la véritable cause. Un appauvrissement dû en grande partie à la politique gouvernementale en matière d`accès aux terres qui sont restées propriété de l'État (un héritage du Derg) et les agriculteurs n`ont qu`un droit limité à son usage. Les paysans se gardent alors d'investir dans de nouvelles technologies de peur de ne pouvoir en récolter les bénéfices. De plus, le gouvernement n`assure aucune stabilité des prix.
Les famines ont certes des causes naturelles notamment les sécheresses ; à l'origine de la famine de 1984, le problème est climatique avec un déficit pluviométrique de 30 à 50% mais il y a aussi une pauvreté des sols et désertification. Autre facteur : la médiocrité des moyens techniques. Les famines sont liées aussi aux situations politiques du pays: guerres et détournement de l'aide internationale au profit des tenants du pouvoir. La raison qui risquerait d'aggraver les famines est la forte natalité ; inutile de faire un exposé sur Malthus et sa théorie pour dire que la population éthiopienne s'accroît très vite et pour 2050 on prévoit 170 millions d'habitants !! mais la production ne suit pas...

La famine de 1973

Au printemps 1973, la nouvelle d'une famine de grande ampleur sur a commencé à se répandre. Le Tigray, le Wollo et l'Érythrée seraient les victimes de la famine. L'information est diffusée par l'Eglise éthiopienne, par des étudiants et par deux géographes éthiopiens qui sont démis de leurs fonctions pour avoir exposé des photos. Les autorités imposèrent une censure sévère. La famine a d'abord été connue à l'extérieur par les journaux occidentaux, provoquant une révolte de la population. Le négus visita les provinces et an¬nonça le report, seulement temporaire, des impôts. Avec retard, le gouvernement dut re¬connaître qu'il avait nié l'évidence et tardé à secourir les sinistrés. Le Derg s'assura les sympathies de l'opinion en arrêtant les ministres et les officiels accusés d'avoir ignoré la famine. Il déposa Haile Selassie après une campagne d'affiches le montrant en train de nourrir ses chiens à côté d'un enfant décharné au ventre ballonné. La famine est donc une des principales causes de la chute de Haile Selassie I.

La famine de 1984-1985
En 1984 une famine se développe et c'est le dixième anniversaire de la révolution. La famine pendant un régime marxiste après une révolution agraire. Impossible pour Mengistu.
Pourtant elle commence, cette fois au Sud. Le négus rouge ordonne alors le déplacement des populations et la villagisation autour d'Addis-Abeba. Déplacements du nord vers Addis-Abeba puis, vers l'ouest du pays. Les populations sont dans des camps et les nouveaux villages sont conçus par des militaires, c'est le casernement, et l'échec total. Les populations quittent ces villages où elles sont victimes de violences. L'Etat a profité de la situation de faiblesse des éleveurs et des paysans en voulant implanter une économie socialiste. Le régime a désigné le paysan comme responsable du drame et le géographe Mesfin Wolde Mariam est limogé en 1984, quand il dénonça l'indifférence des autorités. Quand le régime de Mengistu fut accusé de taire puis d'instrumentaliser la famine de 1985, il répondit qu'il y avait toujours eu des famines en Ethiopie.

Les famines menacent encore beaucoup d'éthiopiens. En 2006, près de 10 millions de personnes auront besoin d'aide alimentaire, soit plus d'un million de plus qu'en 2005...

# Posté le dimanche 29 janvier 2006 09:29

Modifié le dimanche 28 mai 2006 08:47

Les deux guerres entre l'Abyssinie et l'Italie

La première guerre entre l'Abyssinie et l'Italie est une des seules qui a vu la résistance d'une armée africaine face au colonialisme européen du XIX siècle.
Le 25 mars 1889, Menelik II, negus du Shoa, s'était déclaré Atse (Empereur) d'Éthiopie après avoir conquis les régions du Tigray et Amhara. Après un peu plus d'un mois, le 2 mai, il signa un traité de paix avec les italiens, qui donna à ceux-ci le contrôle de l'Érythrée, en échange de la reconnaissance de la souveraineté de Menelik II.
Cependant, le traité de Wuchalé n'avait pas la même signification en italien et en amharique. Le texte italien faisait de l'Éthiopie un protectorat italien et Menelik II le découvrit peu après et rejeta le traité en 1893. Les italiens décident alors de lancer une campagne militaire dans le Tigray en octobre 1895. Ils s'attendaient alors à ce que le negus Tekle Haimanot du Gojam, le Ras Mengesha Yohannes et le Sultan d'Awasa s'allient à eux ; mais les peuples Tigray et Amhara se joignirent à l'Atse Menelik II dans un esprit de nationalisme, tandis que d'autres peuples, comme celui d'Awasa, étaient surveillés par des troupes Impériales. L'Atse avait préparé durant les quatre années précédentes une armée moderne.
La première bataille eut lieu a Amba Alagi le 7 décembre, où les italiens furent repoussés et furent contraints de retourner en Erythrée. Un groupe de survivants, dirigé par Arimondi, atteignit le fort italien inachevé de Mekele. L'Atse Menelik II avait de nombreuses troupes dans le Tigray et assiégea les italiens pendant 15 jours, du 6 au 21 janvier 1896, jusqu'à ce qu'ils abdiquèrent. Toujours dans un espoir d'une résolution pacifique de la guerre, Menelik II autorisa généreusement les italiens de quitter Mekele avec leurs armes et leurs fournit des mules et des animaux de bât.
Le commandant italien Oreste Baritieri refusait de coopérer en sachant que les nombreuses troupes éthiopiennes ne pouvaient plus rester longtemps sur le terrain. Le gouvernement italien de Francesco Crispi ne voulait accepter le dialogue avec des non-européens. Le premier ministre demanda alors de lancer une nouvelle bataille.
Cette bataille fut celle d'Adoua (voir article). Les éthiopiens beaucoup plus nombreux (100 000 hommes) que les italiens (20 000 hommes) infligèrent une défaite à l'armée de Baritieri. Celui-ci avait prévu de surprendre les éthiopiens en attaquant tôt le matin. Cependant, suite à des erreurs d'orientation les quatre colonnes italiennes étaient isolées. Appuyés par une quarantaine de canons, les ras éthiopiens lancent vague après vague leur infanterie et leur cavalerie à l'assaut des positions italiennes peu à peu submergées par le nombre, malgré les ravages que cause l'artillerie.
À midi, le général Baratieri doit donner le signal de la retraite laissant sur le terrain 4 133 Italiens tués ou disparus ainsi que 2 000 capturés. 4 000 érythréens askaris furent tués ou capturés. Du côté éthiopien, 7 000 hommes sont morts et 10 000 blessés. Les prisonniers italiens furent mieux traités que les 800 askaris capturés qui étaient considérés comme des traîtres pour les éthiopiens. À la demande du ras Mangacha et en conformité du Fetha Negest (voir article), on leur amputa la main droite et la jambe gauche.
Menelik retourna dans la capitale et attendit que le gouvernement discredité de Crispi fut dissous. C'est ce qui arriva après deux semaines, et Menelik fit signer en octobre, le Traité d'Addis Abeba, qui délimite la frontière avec l'Érythrée. L'Italie doit reconnaître l'indépendance de l'Éthiopie.


La deuxième guerre entre l'Éthiopie et l'Italie a duré 7 mois. C'est une des preuves de l'inefficacité de la SDN.
L'Abyssinie était une bonne candidate à l'expansion fasciste pour plusieurs raisons. C'est le seul pays d'Afrique, avec le Libéria, qui n'est pas colonisé ; de plus la conquête de l'Abyssinie permettrait à l'Italie d'unifier un grand empire africain avec l'Érythrée et une partie de la Somalie. De plus, la cible est faible militairement et riche en ressources. L'Abyssinie étant un pays africain, une autre raison apparaît aux yeux de Mussolini : « civiliser un pays en retard ». Enfin, n'oublions pas que la conquête de ce pays permettrait de « venger la défaite d'Adoua ».
Mais il fallait un prétexte pour déclarer la guerre. Le Duce le trouva dans l'incident de Walwal, localité située au point de convergence de trois confins : la Somalie anglaise, la Somalie italienne et l'Ogaden éthiopien. Le 5 décembre 1934, un accrochage se produisit entre troupes italiennes et éthiopiennes : c'était l'accident de Walwal survenu, « en l'absence de témoins oculaires impartiaux », dit le rapport de l'enquête de la SDN.
À la suite d'un nouvel accrochage à Afdoub, le 25 janvier 1935, le gouvernement italien décrète la mobilisation de deux divisions. Cette mobilisation eut lieu en Érythrée.
Le Conseil de la SDN proposa à Mussolini de céder le port de Zeyla avec un étroit corridor à travers la Somalie britannique et que l'Éthiopie fasse quelques concessions économiques et territoriales à l'Italie. Mussolini répondit : « Non ; même si l'Éthiopie m'était apportée sur un plat d'argent, je la veux avec une guerre. » Et la guerre arriva...
Le 3 octobre 1935, à cinq heures du matin, les chemises noires italiennes et leurs askari, dirigées par le Maréchal Emilio De Bono, franchissent la frontière érythréenne. Le 6 octobre, la jubilation est grande en Italie, lorsque le peuple italien apprend que Adoua tomba sans résistance. Le 7 octobre, l'Assemblée de la SDN condamna l'agression de Walwal par 50 voix contre 1 (l'Italie) et 3 abstentions (Autriche, Albanie, Hongrie). Les sanctions s'avèrent parfaitement superflues car elles interviennent trop tard ; de plus les mesures de contrainte économique et financière de la SDN à l'encontre de l'Italie n'étaient assorties d'aucun moyen exécutoire. Enfin la liste des produits interdits excluait les carburants. AGIP s'était, au demeurant, constituer un bon stock acquis aux Etats-Unis, pays qui s'était cantonné dans l'isolationnisme et les lois de la neutralité. Ainsi la SDN comptait administrer la justice sans la force.
Vers novembre, Mussolini, impatient, remplace De Bono par le général Pietro Badoglio. Mais l'insuccès de ce dernier l'amène à recourir aux bombardements à l'hypérite et au phosphore, armes interdites par la Convention Internationale de 1925, à laquelle l'Italie et l'Éthiopie avaient adhéré. Mais les éthiopiens sont surtout par la supériorité technique des italiens au niveau notamment de l'artillerie lourde mais surtout des avions. Un distique de l'époque révèle la déconvenue des combattants :
« Seraient-ils venus par Adoua, par Gondar,
Ils n'eussent jamais mis les pieds chez nous.
Mais ils ont emprunté le chemin du ciel,
Une contrée qui nous est inconnue. »
Après la débâcle, l'empereur Haile Selassie I prend le train de Djibouti, le 2 mai 1936, pour se rendre à Genève puis en exil en Angleterre. Addis Abeba était livrée au pillage lorsque les troupes de Badoglio y arrivent le 5 mai. Le roi italien Vittorio-Emmanuelle III est proclamé empereur d'Éthiopie. L'Éthiopie avait perdu la guerre mais sauvegardé sa souveraineté en la personne de Haile Selassie I qui avait refusé l'armistice.
Commence alors l'occupation italienne ; mais la guerre injuste et ses méthodes n'auront pas fait plier le peuple éthiopien.
La Résistance s'organise, des noyaux se forment, les collaborateurs sont punis et un réseau urbain d'information et d'approvisionnement en armes, munitions et médicaments, complète utilement les activités du maquis. Le rôle des femmes a été aussi important que celui des hommes. La principale caractéristique de la résistance éthiopienne, c'est que toutes les classes y ont pris part et à tous les niveaux. Ainsi le ras Emmerou, membre de la haute noblesse, organise un groupe de résistance encadré par les Lions Noirs. Abébé Aragaï se révèle un dirigeant de génie ; Tekle-Welde-Hawaryat, maire d'Addis, se distingue par son action politique dans la résistance ; Belaï Zelleqé, simple paysan, acquiert une réputation d'héroïsme dans l'ensemble du pays. Tout au long des cinq années d'occupation, les arbagnotch (maquisards) se lient aux askaris. Après l'échec d'un attentat contre le Maréchal Graziani, les fascistes s'adonnent à un massacre aveugle pendant trois jours. Personne n'est épargné par ses atrocités inutiles, pas même les moines et les civils.
C'est la victoire des Alliés en Libye en 1940 qui avait stimulé la rébellion en Éthiopie. La libération du pays entre désormais dans le contexte de la deuxième guerre mondiale. Au nord, le major Sir William Platt attaque le front érythréen et remporte la bataille de Keren. A l'ouest, les commandants Orde Ch. Wingate et Sandford poussent vers Debre Markos ; depuis le Kenya, le général Sir Allen I. Cunningham avance vers Addis Abeba qu'il atteint le 6 avril 1941.
Le 5 mai 1941, cinq ans, jour pour jour, après l'occupation fasciste, l'empereur regagne Addis Abeba et l'Éthiopie est libérée. Ce jour est commémoré comme le Jour de la Victoire.

# Posté le dimanche 29 janvier 2006 09:35

Modifié le samedi 27 mai 2006 17:05

La guerre de l'Ogaden

Origines et déclenchement de la guerre

En 1948, la Grande-Bretagne redonne l'Ogaden (zone frontalière de la Somalie située dans la région Somali) à l'Éthiopie après l'avoir occupé pendant sept ans. Les frontières de la Somalie ne reflètent pas sa réalité démographique car un nombre important de Somalis se trouve en dehors du pays, surtout en Éthiopie où se trouvent plus d'un million de Somalis. Barre, le dirigeant de la Somalie, a utilisé cet état de fait pour justifier une politique de rassemblement des Somalis sous une même bannière en vue de créer la Grande Somalie. La Somalie bénéficiait de l'aide militaire de l'URSS ; elle possédait trois fois plus de tanks que l'Éthiopie et une force aérienne plus importante. Seul point négatif pour Barre, l'Armée Nationale Somali (ANS) ne regroupait que 35 000 soldats ; qui seront soutenus pendant la guerre par le Front de Libération Somali de l'Ouest (FLSO) qui apportera quelques 15 000. L'Éthiopie, quant à elle, est sous la dictature de Mengistu. Malgré la violence, l'Union Soviétique, qui a observé de près les développements, est arrivée à la conclusion que l'Éthiopie était en train de se développer de bonne façon, en un État marxiste-léniniste et qu'il était dans son intérêt d'aider le nouveau régime. L'URSS commençait alors à fournir à l'Éthiopie du matériel militaire. En juin 1977, Mengistu accusa la Somalie d'introduire des soldats de la ANS dans la région Somali afin de se battre aux côtés du FLSO. Barre déclara que ces soldats étaient des « volontaires » désirant aider le FLSO.
Le 23 juillet 1977, la Somalie envahit l'Éthiopie avec 35 000 soldats de l'ANS et 15 000 du FLSO


Déroulement de la guerre

Les soldats somaliens occupent rapidement 60 % de l'Ogaden, y compris la ville de Gobe. Les éthiopiens répliquent à Dire Dawa et à Jijiga où ils infligent des dégâts importants aux troupes somaliennes. Et malgré l'infériorité numérique au début du conflit, les forces aériennes éthiopiennes avaient commencé à imposer leur supériorité. L'URSS qui soutenait militairement les deux pays tente de rétablir le calme, mais les efforts sont inutiles. L'Union Soviétique décide alors de ne plus envoyer de matériel militaire à la Somalie mais d'en expédier plus pour Mengistu. À cet aide s'ajoutent, les 15 000 soldats cubains, l'aide de la République Démocratique Populaire du Yémen et celle de la Corée du nord. En novembre 1977, la Somalie cessa toutes relations diplomatiques avec l'URSS et Cuba et expulsa tous les citoyens soviétiques du pays. Cependant, tous les régimes socialistes ne soutiennent pas l'Éthiopie ; la Chine et la Roumanie entretiennent de bonnes relations avec la Somalie et envoient des troupes et du matériel.
La victoire la plus importante de l'ANS et du FLSO fut le second assaut sur Jijiga en mi-septembre, l'armée éthiopienne fut contrainte de reculer jusqu'à des villes en dehors de la région Somali telles que Harerge, Bale et Sidamo. L'Éthiopie était, à ce moment-là, en contrôle d'à peine 10% de l'Ogaden. Les attaques aériennes éthiopiennes incessantes et la saison des pluies qui rend les routes impraticables empêchent cependant l'armée somalienne de progresser.
D'octobre 1977 à janvier 1978, l'ANS et le FLSO tentent de capturer Harar. En novembre, l'armée somalienne atteignit les banlieues mais les soldats étaient épuisés et ne purent s'emparer de la ville. Désormais, ils s'attendaient à une contre-attaque éthiopienne.


La fin de la guerre

L'attaque éthio-cubaine eut lieu en début février 1978, suivie d'une deuxième attaque inattendue. Une offensive plutôt habile car en deux jours seulement, l'armée éthiopienne récupère Jijiga en tuant 3 000 soldats somalis. Les défenses somaliennes s'écroulèrent et l'Éthiopie récupéra ses villes importantes. Reconnaissant sa position comme intenable, Siad Barre ordonna le retrait de ses troupes le 9 mars 1978. La dernière unité Somali quitte l'Éthiopie le 15 mars 1978, c'est la fin de la guerre.

Le FLSO continuera pourtant la lutte pour l'indépendance. En 1980, il contrôlera de nouveau une partie de l'Ogaden mais en 1981 il est battu.
La guerre de l'Ogaden ruina les forces militaires Somali. La Somalie aura perdu un tiers de ses soldats, trois quarts des ses unités blindées et la moitié des forces aériennes. Barre du renoncer à son rêve d'une plus Grande Somalie unifiée et le régime subit les mécontentements croissants du peuple. En 1979, le Front Démocratique du Salut Somalien est fondé par des officiers de l'armée.

En 1988, après un second conflit armé, les deux pays signent un accord de paix et décidèrent par conséquent de retirer leurs troupes de la frontière.
[ Ajouter un commentaire ] [ Aucun commentaire ]

# Posté le dimanche 29 janvier 2006 09:37

Modifié le dimanche 29 janvier 2006 13:33

Les deux conflits entre l'Érythrée et l'Éthiopie

La guerre Éthiopie – Érythrée

Origines et déclenchement de la première guerre

Le 2 mai 1889, le traité de Wutchalé est signé par Menelik II et l'italien Pietro Antonelli. L'empire éthiopien s'étend mais en échange l'Érythrée devient colonie italienne. La fin de la deuxième guerre mondiale semblerait être pour l'Érythrée le début de l'indépendance mais le pays est placé sous administration militaire anglaise. En 1952, l'Érythrée est rattachée à l'Éthiopie sous ordre de l'ONU qui promet au pays une certaine marge d'autonomie qui ne sera plus respectée après quelques temps. Dix ans plus tard, en 1962, l'empereur Haile Selassie I dissous le parlement érythréen et annexe le pays : c'est le début de la guerre d'indépendance érythrénne.

Le premier conflit

Au début, ce combat pour l'indépendance est mené par le Front de Libération Érythréen (FLE). Par la suite, dans les années 1970, un groupe se détache pour former le Front de Libération du Peuple Érythréen (FLPE) qui sera plus tard le groupe dominant, luttant contre le gouvernement éthiopien. Le meneur du FLPE Issayas Afeworki, futur président de l'Érythrée. En 1977, l'Éthiopie reçoit une aide militaire massive de la part de l'URSS. Mengistu utilisera son nouvel armement pour contraindre les soldats du FLPE à reculer. De 1978 à 1986, huit offensives majeures sont lancées mais toutes échouent. Le FLPE commence alors à avancer et prend un réel avantage lorsque vers la fin des années 1980, l'URSS décide l'arrêt d'envoi de matériel militaire à l'Éthiopie.
En 1991, Mengistu démissionne et s'exile au Zimbabwe. Le FLPE, ayant battu les forces éthiopiennes en Érythrée, reprend le contrôle du pays. En Éthiopie, le nouvel homme au pouvoir Meles Zenawi, dont la mère est érythréenne, un des rebelles du Tigray qui ont renversé Mengistu. En avril 1993, un référendum sur l'autodétermination eut lieu. La question était celle-ci: «Voulez-vous que l'Érythrée soit un pays indépendant et souverain?» Le OUI à l'indépendance l'emporta à 99,8 %. Le 28 mai 1993, l'ONU accueille l'Érythrée désormais pays libre et indépendant.

Déclenchement du deuxième conflit

Cependant, la ligne de démarcation entre les deux pays n'était pas tracée est plusieurs zones étaient disputées notamment Badme, Tsorona-Zalambessa et Bure. Le 6 mai 1998, quelques soldats érythréens pénètrent dans la région de Badme où ils affrontèrent la police locale. L'Érythrée ayant déclaré que certains de ses soldats furent tués, donne l'ordre à des troupes plus nombreuses et mieux équipées d'envahir la région. L'Éthiopie déclare alors la guerre totale. Certains médias italiens surnommeront cette guerre : « la guerra dei sassi » c'est-à-dire « la guerre des pierres » ; le conflit portant sur des zones «de cailloux ».

Le deuxième conflit

Pendant quatre semaines, artilleries et chars d'assaut s'échangent des tirs. Les forces bombardiers éthiopiens attaquèrent Asmara et les avions érythréens bombardèrent les villes d'Adigrat et de Mekele. Quatre semaines de luttes acharnées suivies d'une sorte de pause ; les deux pays mobilisaient des forces énormes le long de la frontière et l'on assistait à une sorte de guerre des tranchées semblable à celle de la Première Guerre Mondiale. L'Éthiopie tout comme l'Érythrée dépensa plusieurs centaines de millions de dollars pour acquérir du nouveau matériel militaire. En juin 1998, les deux rivaux décident de cesser les raids aériens. Cependant en octobre de la même année, des renforts arrivaient sur le front. Les hostilités reprirent en février 1999, lorsque l'Éthiopie s'empara de la ville de Badme. Rapidement, le conflit entraîne des déplacements massifs de populations qui quittent les zones de combats. L'Éthiopie expulsa 77 000 érythréens et éthiopiens d'origine érythréenne, aggravant la problème de réfugiés d'Érythrée. Les deux pays étaient déjà fragiles économiquement mais la guerre ne fi qu'empirer ces problèmes qui entraîneront des famines. Avant la guerre, 67 % des échanges de l'Érythrée se faisaient avec l'Éthiopie et l'Érythrée importait beaucoup de nourriture d'Éthiopie. Le conflit se propagea lorsque les deux pays commençaient chacun à soutenir un groupe rebelle opposé au gouvernement de son adversaire. Le gouvernement érythréen soutenait par exemple le Front de Libération Oromo (FLO), un groupe revendiquant l'indépendance ; alors que le gouvernement éthiopien soutenait le rival du FLO. Après une série de médiations internationales, pour arrêter le conflit, qui ont échoué ; en mai 2000, l'Éthiopie lance une offensive qui perce les lignes érythréennes entre Shambuko et Mendefera, traverse la rivière Mareb et coupe la route allant de Barentu à Mendefera, la principale ligne de ravitaillement pour les troupes érythréennes des fronts de l'ouest. L'Éthiopie occupait environ un quart du territoire érythréen, les infrastructures les plus importantes d'Érythrée furent détruites et 650 000 personnes durent fuir les régions. Les érythréens évacuèrent la zone disputée de Zalambessa et d'autres zones en prétendant que c'était une 'retraite tactique' afin d'enlever à l'Éthiopie sa dernière excuse pour continuer la guerre. Ayant récupéré son territoire, l'Éthiopie déclara que la guerre était finie. Les érythréens étant stratégiquement en position vulnérable acceptèrent l'offre de cessez-le-feu, suivi d'un accord de paix. L'Érythrée prétendait que 19 000 de ses soldats ont été tués, l'Éthiopie, 123 000. Ces deux chiffres furent contestés et certains médias pensent que le chiffre s'élève à au moins 100 000 morts.

La fin de la guerre

Le 12 décembre 2000, l'Éthiopie et l'Érythrée signent l'accord d'Alger, un accord devant rétablir la paix et mettre fin aux rivalités autour des zones disputées. Une Zone de Sécurité Temporaire (ZST) de 25 km de large fut établie en Érythrée, dans laquelle patrouille les soldats de l'ONU de la Mission des Nations Unies en Éthiopie et en Érythrée (Minuee).
En avril 2002, à la suite de l'accord d'Alger, une commission trace la ligne de démarcation essayant d'être équitable sur la répartition des territoires ; mais Badme fut placé en territoire érythréen. L'Éthiopie s'opposa à cette décision, mais l'accepta finalement en novembre 2004. Néanmoins, l'Éthiopie a remobilisé des troupes le long de la frontière, et en 2005, on a craint un retour à la guerre entre les deux pays. Le 7 décembre 2005, l'Érythrée ordonne que les membres de la Minuee quitte la frontière dans les dix jours. Le 10 décembre 2005, l'Éthiopie a annoncé le retrait certaines de ses forces de la frontière érythréenne afin de ramener le calme. Le 15 décembre 2005, l'ONU commençait à retirer ses troupes à la suite d'une résolution prise le jour avant. Le 21 décembre 2005, le tribunal permanent de la cour de la Haye constata que l'Érythrée avait violé une loi internationale en attaquent l'Éthiopie en 1998, déclenchant le conflit frontalier.
[ Ajouter un commentaire ] [ Aucun commentaire ]

# Posté le vendredi 24 mars 2006 15:45

Modifié le dimanche 28 mai 2006 08:56

Hymne éthiopien (1930-1975)

Hymne éthiopien (1930-1975)
"Ethiopia hoy dess ibalish beamlakish hail benegoosish"
(Ethiopia be happy, thanks to God's strength and your Emperor's wise rule)

Musique : Kevork Nalbandian

Cet hymne était en usage durant le règne de l'empereur Hailé Selassié, entre 1930 et 1974. Ecrit par Kevork Nalbandian, un arménien vivant en Ethiopie, il fut interprété pour la première fois lors du couronnement du Négus le 2 novembre 1930, et a détenu le statut d'hymne officiel jusqu'à ce que la junte militaire socialiste de Mengistu Hailé Mariam ne prenne le pouvoir et ne renverse l'empereur en 1974. Comme l'indiquent les paroles ci-dessous, il exalte la grandeur et la gloire de l'Ethiopie, guidée par "la force de Dieu et le règne avisé de l'empereur".

Paroles (amarigna) :

Ethiopia hoy dess ibalish
Beamlakish hail benegoosish
Tibaberewal arbanyotchish
Ayennakam ketto netsannatesh
Bertoo natchoha terarotchish
Ateférim ketelatotchish
Del adraguioo Negoosatchin
Yinoorellen lekebratchin.

Traduction anglaise :

Ethiopia, be happy
thanks to the power of God and your ruler.
Your brave citizens are unanimous;
your freedom will never be touched,
as your mountains are defiant
and your natives do not fear any enemy.
Long live our victorious ruler
to the glory of our country.

Version audio : http://david.national-anthems.net/et-75.htm

# Posté le vendredi 24 mars 2006 15:55

Modifié le dimanche 28 mai 2006 05:18

Hymne éthiopien (1975-1992)

Hymne éthiopien (1975-1992)
"Ethiopia, Ethiopia, Ethiopia kidemi" (Ethiopia, Ethiopia, Ethiopia be first)

Musique : Daniel Yohannes Haggos
Paroles : Assefa Gebre-Mariam Tessama

Imposé par le gouvernement militaire et dictatorial de Mengistu, en usage entre 1975 et 1992, cet hymne, symbole de l'"Ithyopia tikdem" (l'Ethiopie d'abord), loue les vertus du communisme, en vigueur depuis l'accession au pouvoir du "négus rouge" (voir page 5)

Paroles : (amarigna)

Ītyopya, Ītyopya, Ītyopya, qidä mī
bähibräsäbawīnnät, abbibī, lämlimī!

Qal kīdan gäbtäwal jägnotch lijotchishi,
wänzotch tärarotchish dingil märetishi
läĪtyopya andinnät länäşannätishi
mäswait līhonu läkibir läzinnashi.

Täramäji wädä fit bätibäbi godanna.
Tatäqī läsira lagär bilisiginna!

Yäjägnotch innat näsh, bälijotchish kurī.
Tälatotchish yitfu, läzälaläm nurī!

Traduction anglaise :

Ethiopia, Ethiopia – Ethiopia, be first
In socialism – flourish, be fertile!

Your brave sons have made a covenant,
That your rivers and mountains, your virgin land
Should be a sacrifice for the unity of Ethiopia, for your freedom,
To your honour and renown!

Strive forwards on the road of wisdom,
Gird yourself for the task,
For the prosperity of the land!

You are the mother of heroes – be proud of your sons,
May your enemies perish – may you live for ever!

Version audio : http://david.national-anthems.net/et-92.htm
[ Ajouter un commentaire ] [ Aucun commentaire ]

# Posté le vendredi 24 mars 2006 16:09

Modifié le dimanche 28 mai 2006 05:20