Proverbes éthiopiens

Proverbes éthiopiens
La vérité et le matin deviennent de la lumière avec le temps.

Que le paradis existe ou non, il est préférable de faire de bonnes actions.

Ecoute avant de parler, mâche avant d'avaler.

Ne tenez pas la queue du léopard. Mais, si vous la tenez, ne la lâchez surtout pas.

Le cheveu gris dit : "je suis venu pour rester"

"Sur les arbres abattus les haches s'abattent nombreuses"

"Quand les araignées s'unissent, elles peuvent ligoter un lion"

Remerciements à http://selassiemarley.skyblog.com

# Posté le samedi 22 juillet 2006 13:23

Modifié le samedi 22 juillet 2006 16:20

Conte éthiopien : L'épouse intelligente

Conte éthiopien : L'épouse intelligente
L'épouse intelligente

Il était une fois, dans la province du Godjam, un homme ignorant, le paysan Kebede, qui avait épousé une femme très intelligente. Elle connaissait les réponses à toutes les questions et il lui faisait confiance en toute chose. La femme aimait profondément son mari, et ils vivaient ensemble depuis de nombreuses années.
Non loin du couple vivait un homme intelligent, le très cultivé Yohannès. Il était riche et puissant, et tout le monde le craignait et lui obéissait. L'homme intelligent observait la femme de son voisin et voyait qu'elle n'était pas seulement intelligente mais également douce et belle.
- Je la veux pour moi, pensait-il.

Il se rendit au domicile de son voisin et lui dit ;
- Ton épouse est une femme intelligente, mais toi, tu es stupide. Comme je suis moi-même un homme très intelligent, ta femme devrait être mienne. Divorce et donne-la moi.

Le mari ignorant paru inquiet.
- Vous êtes en effet un homme très intelligent, dit-il, et je reconnais qu'elle est plus intelligente que moi, pauvre paysan. Mais nous nous aimons, et je préfère rester avec elle.

Peu habitué à ce qu'on lui refuse quelque chose, l'homme décida de porter l'affaire devant un juge, qui devait trancher l'affaire, ce que le mari ignorant accepta à contre-c½ur.
- De quel droit dites-vous que cet homme est ignorant ? demande le juge à l'homme intelligent.
- Posez-lui n'importe quelle question, et vous verrez, il sera incapable d'y répondre, alors que moi, avec toute la culture et la lecture que j'ai, je pourrais y répondre sans problème.
- Très bien, dit le juge qui était effrayé par le pouvoir de l'homme intelligent. Il se tourna vers le mari et lui dit :
- Je vais te poser deux questions, si tu réussis, tu garderas ta femme. Voici la première : Combien y'a t'il d'étoiles dans le ciel ? Et voici la seconde : Où est le centre de la terre ?
L'homme ignorant soupira, pensant que tout était déjà perdu, les questions étant trop difficiles pour lui. Il rentra chez lui, les yeux froncés par l'anxiété. Il attendit la nuit, sortit de sa maison et essaya de compter les étoiles. Heure après heure il fixa le ciel, mais malgré tous ses efforts, il ne put les compter toutes, et se désespéra. Sa femme sortit de la maison pour le chercher, et lui demanda ce qu'il faisait là.
- Le juge m'a posé des questions, répondit Kebede, et si j'échoue, je te perdrait au profit de l'arrogant Yohannès.
- Dis-moi les questions, demanda la femme
- Combien y'a t'il d'étoiles dans le ciel ? Et où se situe le centre de la terre ? C'est impossible !
- Ne t'inquiète pas mari, je te dirai les réponses le moment venu. Maintenant, viens te coucher. Et la femme, très intelligente, donna au cours de la nuit les réponses au énigmes insolubles donnés par le juge.

Le jour suivant, le mari se présenta devant le juge et l'homme riche, qui arborait un sourire méprisant et sûr de lui, sûr de ridiculiser publiquement le pauvre paysan.
- Bien, dit le juge, le temps est écoulé. As-tu trouvé les réponses à mes questions ? Combien y'a t-il d'étoiles dans le ciel ?

L'homme se baissa, ramassa une poignée de sable sur le sol, et répondit :
- Ato, il y a autant d'étoiles dans le ciel que de grains de sable dans ma main, et si vous ne me croyez pas, comptez les vous-même.

Et le juge demanda de nouveau au mari où se situait le centre de la terre.
L'homme « ignorant » enfonça son bâton dans le sol et répondit fièrement :
- Le centre de la terre est ici, et si vous ne me croyez pas, creusez-vous même pour le trouver.

Le juge fut profondément impressionné par l'intelligence des réponses de l'homme, et conclu, devant la foule rassemblée :
- Tu n'es pas du tout ignorant, tu mérites une femme intelligente.

Kebede retrouva un sourire radieux, et l'arrogant Yohannès, pris à son propre piège, fit l'objet de moqueries dans la foule, que sa fierté et son honneur ne pouvaient supporter. En effet, il avait compris, à ses dépens, que l'intelligence ne se limitait pas à l'acquisition de connaissances dans d'obscurs livres, mais naissait dans le contact avec les autres, et grandissait dans l'amour qu'on leur portait.

L'homme et sa femme n'entendirent plus jamais parler de l'arrogant Yohannès, et ils vécurent heureux ensemble, jusqu'à ce que Dieu ne les rappelle à Lui.

# Posté le samedi 22 juillet 2006 13:26

Modifié le samedi 22 juillet 2006 16:22

Conte éthiopien : Les trois sourds

Conte éthiopien : Les trois sourds
Les trois sourds

Il y avait une femme qui était sourde et qui vivait dans un tout petit village. Elle perdit son mari et se retrouva seule avec sa petite fille, qui n'était encore qu'un tout petit bébé. Elle n'avait pour toute richesse que quelques vaches, quelques moutons et quelques chèvre. N'ayant ni servante, ni parents, elle prenait sa fille avec elle en la portant sur son dos lorsqu'elle allait faire paître son troupeau.
Un jour, une de ses chevrettes tomba dans un fossé et se cassa la patte, qui, malgré les soins de la femme, ne s'était pas remise tout à fait comme il fallait : elle resta tordue et la chevrette boitait.
A quelques temps de là, un jour alors qu'il faisait chaud, la femme avait emmené son petit troupeau sur une prairie en pente au bord d'un ruisseau. Elle posa sa fille sous l'ombre d'un arbre, s'allongea dans l'herbe et s'endormit. Quand elle s'éveilla, le troupeau avait disparu.

Elle reprit sa fille sur le dos et remonta la pente du plus vite qu'elle put. Arrivée sur le chemin, elle se mit à chercher du regard mais elle ne vit rien.

Elle aperçu alors un homme qui était en train de labourer son champ. Elle se précipita vers lui et lui dit, tout essoufflée :
Mon troupeau s'est échappé, est-ce que tu l'as vu passé ? Dis le moi ! Si je le retrouve grâce à toi, je t'offrirai ma petite chevrette qui a eu la patte cassée, tu en as ma parole !

Or, cet homme était sourd lui aussi, peut-être encore plus sourd qu'elle. Il crut comprendre que cette femme, lui faisant de grands gestes, lui demandait de quel côté il avait commencé à labourer ce matin-là. Il lui montra donc l'endroit où il s'était mis au travail.

La femme, croyant qu'il répondait à sa question, s'empressa de partir dans cette direction. Or, tout à fait par hasard, c'était bien là que se trouvait le troupeau. La femme retrouva ses vaches, ses chèvres et ses moutons en train de brouter paisiblement. Elle les rassembla et leur fit faire demi-tour pour rentrer chez elle.
Comme elle passait près du champ ou le laboureur s'était remis au travail, elle alla vers lui, toute joyeuse, en tenant dans ses bras la chevrette et lui dit :
Grâce à toi, j'ai retrouvé mon troupeau. Je suis pauvre mais je n'ai qu'une parole : tiens, prends-la !

Et elle lui tendit la petite chèvre boiteuse. L'homme, qui n'avait rien entendu de ce qu'elle lui avait dit, mais voyant la chevrette qu'elle lui tendait, avec sa patte tordue, répondit :
Tu crois donc que c'est moi qui lui ai cassé la patte ? Et où est-ce que j'aurais pu faire ça ? Et quand ? Je ne l'ai jamais vu ta chèvre, moi !

Elle insistait pour lui offrir, tandis que lui se mettait de plus en plus en colère.
Un passant qui arrivait sur le chemin, les vit gesticuler et les entendait crier comme deux sourds qu'ils étaient. Il se demanda même si le laboureur n'allait pas battre la femme, tellement il avait l'air hors de lui. Il tenta de leur parler, mais ne comprenant rien au litige en question comme les deux parlaient en même temps, il les emmena chez un juge.

Le juge était un vieil homme assis dans un fauteuil. Il fit d'abord signe à la femme de prendre la parole. La femme parla au juge de la façon suivante.
Ô juge, que Egzaber vous montre la vérité. Mon troupeau s'était échappé et avait disparu. En le cherchant j'ai rencontré cet homme qui m'a montré la direction qu'il avait prise. Je lui ai dit que si je retrouvais mon bétail grâce à lui, je lui donnerais ma petite chèvre à la patte cassée. Quand je l'ai retrouvé, j'ai tenu parole, mais il a refusé mon cadeau en me disant qu'il voulait une belle chèvre et pas celle-ci. Pourtant, j'y tiens beaucoup et je suis pauvre. Je lui ai répondu que c'était cette chèvre que je lui avait promise, mais il a continué à en exiger une autre.
Voilà comment les choses se sont passées, termina-t-elle d'une voix forte. Rendez-moi justice !

Tandis qu'elle terminait sur histoire, sa fille qui était toujours sur son dos, s'était mise à pleurer. Quand elle eut fini de parler, elle dénoua le tissu dans lequel l'enfant était enveloppée et se mit à lui donner le sein.
Ce qu'elle ne savait pas, c'est que le juge était tout aussi sourd qu'elle et le paysan.
Le juge hocha la tête puis fit signe à ce dernier de prendre la parole à son tour.
Monsieur le juge, dit l'homme, cette femme est venue me trouver dans mon champ, et m'a demandé à quel endroit j'avais commencé à labourer aujourd'hui. Je le lui ai montré. Elle est revenue ensuite avec son troupeau. Elle tenait dans ses bras une chevrette à la patte cassée et l'a tendue vers moi en m'accusant de l'avoir frappée et de lui avait cassé la patte. Je lui ai répondu que je n'y étais pour rien, que je n'avais aucune raison de faire une chose pareille. Elle continuait pourtant à me montrer sa chevrette à la patte cassée. Nous nous sommes disputés et nous voilà à ce tribunal.

Le juge avait écouté l'homme et la femme avec la même attention, c'est-à-dire qu'il n'avait rien entendu. Mais il avait vu que la femme portait un bébé qui pleurait. Il pensa donc que l'homme était le père de l'enfant, mais qu'il refusait de donner à sa mère de quoi le nourrir, et que là était le sujet de la dispute.

Le juge se leva alors, toussa deux, trois fois, se tourna vers l'homme et lui dit d'une voix forte :
Regarde comme cette enfant te ressemble ! Ses yeux, ses oreilles, son teint, tout montre que c'est ta fille ! Tu dois donc verser de l'argent à la mère pour qu'elle puisse élever convenablement votre enfant !

Et c'est ainsi que, sans rien comprendre, jugea le juge. Et l'homme dut verser de l'argent à la femme qui lui avait offert un cadeau pour un renseignement qu'elle croyait avoir eu.
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# Posté le samedi 22 juillet 2006 16:22

Conte éthiopien : l'âne messager

Conte éthiopien : l'âne messager
L'âne messager

En Ethiopie, les paysans ne montent jamais sur leurs ânes ; s'ils n'ont pas les moyens d'avoir un cheval ou un mulet, ils préfèrent aller à pied. Il est vrai d'ailleurs que ces ânes gris sont de bien petite taille et qu'il serait difficile pour un cavalier d'avoir l'air imposant en ayant les pieds qui traîneraient par terre.

Mais il est peut-être dommage pour les ânes de ne pas être traités comme les mulets et les chevaux, car au lieu d'en faire leur monture, leurs maîtres les chargent de toutes sortes de choses à transporter : sacs de grain, peaux séchées, paniers de légumes, fagots de bois. Parfois même, on les voit passer avec une précieuse bouteille d'huile ingénieusement fixée par des courroies de cuir de façon à ce qu'elle reste droit sur leur bât.

Ils trottinent donc sur toutes les routes et sur tous les chemins des hauts-plateaux ,ces ânes courageux et dure à la tâche, mais hélas leurs maîtres ne les récompensent trop souvent que par des coups de bâton. Mais, me demanderez-vous, pourquoi ne ruent-ils pas comme les mulets, pourquoi ne se cabrent-ils pas comme les chevaux ? L'histoire qui suit va répondre à cette question.

Un jour, sur l'une de ces routes, deux paysans du même village se rencontrèrent. L'un d'eux revenait du marché précédé de son âne qui avançait au petit trot, seulement chargé de deux sacs vides, l'autre emmenait le sien, lourdement chargé de paniers de légumes.
Les deux hommes commencèrent à se saluer longuement, comme on le fait toujours à la campagne, se demandant des nouvelles de leurs familles, de leur parents proches ou lointains, de la santé des uns et des autres. Il parlèrent ensuite de la pluie, des récoltes, des prix du marché et de tout ce que deux paysans qui se rencontrent sur la route peuvent avoir à se dire.

Pendant qu'ils discutaient ainsi, leurs deux ânes s'étaient eux aussi rapprochés l'un de l'autre. Face à face, tête contre tête, ils se frottaient le museau.
- Eh bien, dit l'un des deux hommes en riant, on dirait que nos ânes eux aussi font la conversation.

L'autre homme sourit et lui répondit :
- Comment, tu ne sais pas de quoi parlent deux ânes quand ils se rencontrent ? Je vais te l'apprendre. Depuis que le monde est monde, les ânes sont nos bêtes de sommes et nous les faisons travailler sans compter. Mais ce que nous leur donnons en récompense de l'aide qu'ils nous apportent, ce sont plus souvent des coups de bâton que des caresses et ils mènent une vie bien dure et bien misérable.

Donc, un jour, il y a bien longtemps, les ânes en ont eu assez de cette vie. Mais, comme tu le sais, ce sont des animaux trop calmes pour se révolter. Ils décidèrent de se réunir en secret pour envoyer l'un d'entre eux vers Dieu afin de Lui demander de bien vouloir les libérer des hommes. Celui qui fut choisi se mit tout de suite en route, au petit trot. Après cela, ils commencèrent à attendre son retour, mais en vain. De longues années ont passé, des siècles ont passé, le messager n'est toujours pas revenu.
Or, les ânes, tu le sais, sont des animaux patients et terriblement obstinés : ils n'ont jamais perdu l'espoir de voir un jour revenir leur messager. Alors, à chaque fois que deux ânes se rencontrent, que ce soit dans un pré, sur une route ou au marché, ils rapprochent leurs têtes et, en se chuchotant à l'oreille pour ne pas être entendus des hommes, ils se demandent l'un à l'autre : « Est-ce que tu sais si notre messager est revenu ? »

Ainsi, quand tu vois deux ânes se frotter le museau, ne ris pas, mais souviens toi que, comme nous, les ânes sont des êtres qui rêvent de liberté.

# Posté le samedi 22 juillet 2006 16:24

Pourquoi la hyène a l'arrière-train tombant

Pourquoi la hyène a l'arrière-train tombant
Il était une fois, dans la province de Tigré, vivait une hyène. La saison sèche était exceptionnellement longue et harassante, les récoltes s'avéraient mauvaises, forçant la plupart des travailleurs à gagner la ville voisine de Mekele. Au soleil de midi, la hyène, à l'instar de tous ses pairs du règne animal, éprouvait les pires des difficultés à se mouvoir et à se nourrir. La hyène, comme nous le savons, est un animal fort couard, qui jamais ne se compromet dans un duel, exception faite de circonstances exceptionnelles, lorsque ses chances de l'emporter sont importantes. A tout le moins se satisfait-elle, à la nuit tombée, de détritus qui jalonnent les villages ou de cadavres délaissés par les grands fauves.

Un jour, alors qu'elle se livrait à ses activités habituelles, la hyène passa près d'un étrange potager, qui appartenait au richissime paysan Kirubel, récemment parti vendre ses récoltes dans la capitale. Ce dernier était connu dans la région pour jouir d'une production exceptionnelle allant des légumes les plus variés aux fruits les plus savoureux. Cependant, sa bonne fortune étant de notoriété publique, Kirubel entreprit de construire un mur de près de dix pieds de haut, préservant ainsi ses précieux biens des intentions perfides de quiconque, homme ou animal. Animée par une lueur d'envie et de cupidité dans son regard, la hyène fit le tour du mur et tenta par tous les moyens de se hisser par-dessus. Toutefois, aucun de ses stratagèmes n'y fit, et la hyène sentit ses forces faiblir en cette heure avancée de l'après-midi. Alors qu'elle s'apprêtait à jeter l'éponge, elle aperçut un minuscule trou à la base du mur, tapi derrière un fourré. Elle tenta de s'y faufiler, mais le trou demeurait bien trop étroit. L'envie était trop forte. En dépit de son estomac criant famine, la hyène se décida à jeûner quelques jours de plus, maigrissant davantage afin de passer par ce trou qui, croyait-elle, la guiderait vers cette nourriture fort appétissante.

Trois jours passèrent. La hyène était devenue squelettique, mais l'avidité luisait plus que jamais dans son regard. Au prix de multiples efforts, elle parvint enfin à se glisser par la cavité qui menait au potager. Elle ne pouvait en croire ses yeux : la rumeur disait vrai ! Que de richesses, vision enchanteresse ! Les mangues, les tomates et les bananes abondaient en ces lieux d'une façon presque indécente. Aussitôt, la hyène se rua sur la nourriture et dévora sans scrupules les récoltes du paysan Kirubel. Qu'importe, en ces temps de famine, la fin justifiait les moyens. Après ces jours de souffrance et de privation, la hyène rompit le jeûne et fît bombance pendant un jour et une nuit, sans discontinuer.
Par conséquent, le volume de l'animal, qui frôlait désormais l'obésité, avait augmenté de façon significative. Une fois son méfait commis, l'animal entreprit de rentrer chez lui. Bien mal lui en prit ! L'insouciante créature, sans doute aveuglée par son avidité, n'avait pas prévu la question du trou dans le mur ! Si le potager avait été en partie dépossédé de ses récoltes, le mur lui, restait droit, inflexible et indestructible, tel un glaive de la justice que la hyène allait devoir maintenant affronter. Pour la hyène, le temps pressait ; le retour de Kirubel était prévu dans une semaine, et nul doute que son méfait lui en cuirait. La colère du paysan n'avait en effet d'égal que sa richesse.

Aussi la hyène se trouva dans l'obligation de jeûner à nouveau pour ressortir par l'orifice et sauver sa peau. Cependant, si le premier jeûne avait été éprouvant, celui-ci s'avéra insupportable. En effet, la hyène se trouvait entourée par d'appétissants fruits gorgés de jus qui faisaient plier les branches sous leurs poids. Si d'aventure la hyène les dévorait, elle compromettait ses chances de passer par le trou et s'exposait dès lors à la terrible vengeance du paysan. C'est donc à cette torture morale que se trouva soumise la hyène, qui tint bon.

Alors qu'elle s'apprêtait enfin à sortir du potager qu'elle maudissait à présent, elle entendit le bruit de la charrette du paysan qui rentrait. Dans sa hâte, la hyène se brisa l'arrière train en faufilant par le trou, mais parvint tout de même à s'échapper.

Depuis ce jour, la hyène continue de rôder en déambulant de cette façon si particulière, comme une punition divine, une marque indélébile de sa malveillance et de sa cupidité.

# Posté le lundi 02 juillet 2007 09:40

Modifié le vendredi 08 février 2008 17:08

Les fêtes éthiopiennes

Les fêtes, du fait de leur ancrage populaire et de l'attachement qu'elles suscitent, se trouvent au coeur de la vie de l'Ethiopie contemporaine. Se référant à de grandes dates chrétiennes, musulmanes ou laïques, elles rythment le calendrier et invitent le peuple au recueil et à la réflexion.
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# Posté le lundi 02 juillet 2007 09:41

Nouvel an / Addis amet

Nouvel an / Addis amet
Le calendrier julien est le principal calendrier utilisé en Éthiopie. Il débute l'année le 11 septembre.Comme le calendrier copte, le calendrier éthiopien a douze mois de 30 jours chacun plus cinq ou six jours épagomènes (habituellement appelés treizième mois), mais avec des noms en amharique. Le sixième jour épagomène est ajouté tous les quatre ans le 29 août dans le calendrier julien, six mois avant le jour épagomène de ce dernier. Ainsi, le nouvel an éthiopien, le 1er du mois de Mäskäräm se fête le 11 septembre dans le calendrier julien lorsque le sixième jour est ajouté.

Pour indiquer la date, les Éthiopiens ont utilisé à l'origine l'Ère de l'Incarnation, qui fixe la date de l'incarnation de Jésus au 25 mars de l'an 9 de l'ère chrétienne (Julien) (choisie par Annianus d'Alexandrie au début du Ve siècle). Mais la première année civile débuta sept mois plus tôt, le 29 août de l'an 8 (Julien), ce qui entraîna un décalage de huit ans avec le calendrier grégorien entre 1er janvier au 10 septembre, puis un décalage de sept ans pour le reste de l'année grégorienne.


C'est ainsi que le 11 septembre prochain, l'Ethiopie se prépare à rentrer avec faste dans l'an 2000.

Les mois de l'année ethiopienne sont les suivants :
Mäskäräm : (11 septembre- 10 octobre)
Teqemt : (11 octobre- 9 novembre)
Hedar : (10 novembre- 9 décembre)
Tahesas : (10 décembre - 8 décembre)
Ter : (9 janvier - 7 février)
Yäkatit : (8 février - 9 mars)
Mägabit : (10 mars - 8 avril)
Miyazya : (9 avril - 8 mai)
Genbot : (9 mai - 7 juin)
Säné : (8 juin - 7 juillet)
Hamlé : (8 juillet - 6 août)
Nähasé : (7 août - 5 septembre)
Pagumé : (6 septembre - 10 septembre)

Plus d'informations sur le site : http://www.ethiopianmillenium.com

# Posté le lundi 02 juillet 2007 09:46

Meskal / La fête de la croix (27 septembre)

Meskal / La fête de la croix (27 septembre)
Depuis près de mille six cents ans les Éthiopiens commémorent chaque année la révélation de la vraie Croix à Hélène, mère de l'empereur Constantin le Grand. À Addis Abeba, la procession des porteurs de flambeaux, conduits par des prêtres portant des vêtements chamarrés et accompagnés de fanfares, commence l'après-midi. Ils se dirigent vers la place de Meskal où ils déposent leurs torches autour d'un arbre, en un immense feu de joie. Fête chrétienne mais aussi fête païenne qui célèbre la fin des pluies, Meskal donne l'occasion aux visiteurs d'approcher d'un peu plus près la vie et les rites des Éthiopiens

# Posté le lundi 02 juillet 2007 09:47