L'histoire éthiopienne proprement dite commence avec l'apparition du royaume d'Axum, située au Ier siècle avant Jésus-Christ. Le développement de ce royaume est placé sous le signe d'un échange continu avec les mondes méditerranéen et arabe. Il avait des relations commerciales avec de nombreux autres empires. La civilisation axoumite fleurit entre les troisième et septième siècles. Cette période brillante coïncide avec l'introduction de ses deux principales religions, le christianisme et l'islam et la naissance d'un génie musical, appelé Yaréd, qui allait offrir à l'Église éthiopienne sa liturgie, et au pays les fondements de sa musique.. A partir du VIIe siècle, le royaume d'Axum entra dans une période de déclin.
Vers le milieu deu XII siècle, la dynastie des Zagwé domine. C'est elle qui marqua profondément de son empreinte l'histoire éthiopienne, en lui léguant ces merveilles d'architectures que sont les églises monolithiques de Lalibela. En 1270, la dynastie est revnersée par un chef amhara, Yekuno Amlak, qui inaugura ce qui allait devenir la dynastie "salomonide". Les membres de celle-ci seraient descendants direct de Menelik Ier. Cette légende ne fut consignée qu'au XIV siècle dans le Kebra Nagast.
Le Moyen Âge éthiopien débute en 1270 et se termine au XVI siècle. Cette période vit une expansion territoriale, mais elle est marquée aussi par une floraison linguistique notamment par la naissance de l'amharique en tant que lingua franca. Les rois Amda Tseyon assurent à cette période, la suprématie chrétienne. La roue de la fortune au XVIe siècle, lorsque les raids viennent à nouveau d'Egypte où les Turcs s'installent. Lebna Dengel appelle les chrétiens d'Occident à l'aide. L'Espagne, l'Italie et le Portugal envoient des hommes. Les Portugais voulant contrôler la route des Indes orientales attaquent les comptoirs arabes : en 1517, ils încendient le comptoir arabe de Zeila. Christophe de Gama mène une expédition en Abyssinie vers 1542-1543. Les renforts portugais refluent les Turcs vers le nord de l'Abyssinie. Toutefois, chrétiens comme musulmans furent submergés par l'invasion massive des Oromo. L'État musulman fut alors contraint de se cantonner à l'abri des murailles de la ville fortifiée de Harar. Le royaume chrétien se replia vers le nord. Cette migration de population marqua l'entrée d'un groupe ethnique qui allait s'établir dans une grande partie du pays.
Après que son père ait abdiqué, Fasilades est roi. En 1636, Gondar, nouvelle capitale, est fondée. Celle-ci connaît un essor rapide et devient un centre urbain propsère au commerce florissant, à l'artisanat développé et comptant une forte communauté d'étrangers. Cependant le pouvoir des rois de Gondar faiblit pour résider bientôt dans les mains des dirigeants Oromo qui inaugurèrent la dynastie Yedjjou qui de 1783 à 1853, imposa son autorité. Cette suprématie sera remise en cause par des seigneurs régionaux, notamment ceux du Tigray. Ces rivalités régionales nourrirent les nombreuses guerres qui caractérisèrent cette période, dite la Zamana Masafent ("Le temps des Princes").
Les incursions égyptiennes et soudanaises des années 1850 provoquèrent un réveil du pouvoir politique avec l'empereur Tewodros II. Ce dernier est associé à la naissance de l'Éthiopie moderne. Ce héros qui unifia le pays, se donna la mort afin d'éviter la colonisation du pays. Son successeur Ménélik II, en fit autant, en écrasant l'armée italienne venue coloniser le pays à Adoua, le 1er mars 1896, et réussit à acquérir l'indépendance de son pays au traité d'Addis-Abeba, le 26 octobre 1896, selon lequel l'Éthiopie pouvait étendre ses frontières au sud et à l'est, doublant la superficie de l'Empire.
Histoire contemporaine
En 1930, Ras Tafari Makonnen est couronné negus (Roi) sous le nom de Haile Selassie I(Force de la Trinité). Son règne est interrompu lorsque les forces italiennes fascistes envahissent (octobre 1935) puis occupent le pays (mai 1936). L'empereur choisit de s'exiler en Angleterre malgré la plainte déposée devant la Société des Nations à Genève où il plaide la cause de son pays en juin 1936, en vain. Mussolini déclare le roi d'Italie Victor Emmanuel III, nouvel empereur d'Éthiopie. Dans le pays, une résistance patriotique prend forme, notamment avec le général Abebe Aragay. Cinq ans plus tard les forces britanniques, françaises et éthiopiennes viennent à bout des Italiens et l'empereur peut retrouver son trône. Il pénètre en vainqueur à Addis Abeba le 5 mai 1941 (aujourd'hui célébré comme le Jour de la Victoire).
Lors des décennies suivantes, l'empereur Haile Selassie s'efforce de continuer la modernisation du pays. La première grande école d'études supérieures du pays est fondéé en 1950. La constitution de 1931 est remplacée par un nouveau texte en 1955 qui augmente le pouvoir du parlement. Après une période de troubles qui commence en février 1974, un conseil administratif de soldats, connu sous le nom de Derg destitue Haile Selassie, prend le pouvoir et installe un gouvernement socialiste qui se révèle plutôt militaire. Le Derg exécute sommairement 59 membres de la famille royale ainsi que des généraux et ministres du gouvernement de l'empereur. Haile Selassie est déclaré mort le 22 août 1975, peut-être étranglé ou étouffé dans son palais.
En décembre 1976, une délégation éthiopienne se rend à Moscou et signe un accord d'assistance militaire avec l'Union soviétique. En avril, l'Éthiopie résilie son accord d'assistance militaire avec les Etat-Unis et expulse les forces militaires basées en Éthiopie (base de Kagnew). En juillet 1977, la Somalie de Syad Barré attaque l'Éthiopie pour soutenir les indépendantistes de la province d'Ogaden. Le conflit voit la défaite de la Somalie en mars 1978.
Le lieutenant colonel Mengistu Haile Mariam assume le pouvoir à la tête de l'État et du Derg en tant que président après avoir assassiné ses deux prédécesseurs. Les années sous Mengistu sont marquées par un gouvernement totalitaire et la militarisation du pays financée par l'URSS et Cuba. En 1977 et 1978, des milliers de personnes suspectées d'être des ennemis du Derg sont torturés ou tués. Cette période fut nommée la « terreur rouge ». Le communisme est officiellement adopté à la fin des années 1970. En 1984, le Parti travailleur d'Éthiopie est créé, et le 1er février 1987, une nouvelle constitution suivant le style soviétique est soumis à un référendum. Il est officiellement approuvé par 81 % des votants, et en suivant la constitution, le pays est renommé République démocratique populaire d'Éthiopie le 10 septembre 1987. Mengistu devient président. En 1985 et 1986 une famine ravage le pays.
Avec la chute de l'Union soviétique dans les années 1990, l'Éthiopie ne reçoit plus d'aide du camp communiste ce qui affaiblit le pays. Dans l'année, Mengistu annonce l'abandon de l'économie marxiste. En février, le Front populaire de Libération de l'Erythrée (F.P.L.E.) attaque et conquière Massaoua, sur la mer Rouge. En mars et avril 1991, le F.P.L.E. contrôle les provinces du nord-ouest. Le 21 mai, Mengistu quitte l'Ethiopie pour finir au Zimbabwe, accueilli par Mugabe. Le F.P.L.E. s'empare d'Asmara et d'autres villes éthiopiennes. Le 24 mai 1993, le premier ministre Meles Zenawi donne l'indépendance à l'Érythrée.
Depuis 1991, c'est le premier ministre Meles Zenawi qui dirige le pays.

