Mengistu Haile Mariam, le negus rouge

Mengistu Haile Mariam, le negus rouge
Mengistu Haile Mariam est né en 1937 à Walayta dans la région Harar. Son père était soldat et sa mère une servante. Jeune, il rejoint l'armée et sortira diplômé de l'académie militaire en 1966.

En 1974, Mengistu est l'un des officiers du comité qui destituent l'empereur Haile Selassie lors d'un coup d'état. Ce comité prit officiellement, vers la fin du mois de juin, le nom de Comité de Coordination des Forces armées, de la Polic et de l'Armée Territoriale; devenu célèbre dans le monde entier sous son nom amharique abrégé, le Derg. La junte révolutionnaire marxiste prend alors le pouvoir et lance le slogan "Etiopia tikdem" ("l'Éthiopie d'abord", littéralement "que l'Éthiopie dépasse") qui devient la devise nationale. Le Derg exécute 61 personnalités dont des ministres, des membres de la famille royale. En 1975, l'empereur est assasiné dans son palais. Mais le Derg ne s'arrête pas là, des centaines de jeunes étudiants sont tués peu avant les fêtes du premier mai de 1975 et 1976 alors qu'ils manifestaient en brandissant des panneaux "Qeï Shibir" (terreur rouge) faisant référence au rouge communiste de Mengistu.

En 1977, le colonnel lieutenant Mengistu Haile Mariam devient chef de l'État et dirigeant incontesté du Derg. Son nouveau régime s'affirme marxiste-léniniste, il lance la réforme agraire, créée des fermes d'Etat et alphabétise les masses. Cependant ses années au pouvoir sont marquées par un style de gouvernement totalitaire et une militarisation massive du pays soutenue par l'URSS et Cuba; l'Éthiopie aura l'armée terrestre la plus grande au monde. De 1977 à 1978, des dizaines de milliers d'opposants présumés au Derg sont torturés ou tués lors d'une grande purge, appelée la "Terreur rouge".En 1977, les Somalis vivant dans la région de l'Ogaden en Éthiopie s'engagèrent, après la chute de l'empire éthiopien d'Addis Abeba, dans une lutte armée pour leur rattachement à la Somalie. Les rebelles étaient soutenus et armés par la Somalie, qui envoyait des troupes. Dès la fin de 1977, les Somalis contrôlèrent la majeure partie de l'Ogaden. En 1978, l'Éthiopie, aidée par Cuba et l'URSS qui avait opéré un spectaculaire renversement d'alliance, lança une contre-attaque, reprit le contrôle de la région.

Son gouvernement devra notamment faire face à de grandes sécheresses et à la terrible famine de 1984-1985. Des insurrections éclatent également dans la province nord du pays, l'Érythrée. Les rebelles renversent le régime du Derg en 1991. Mengistu doit alors fuir l'Éthiopie à destination du Kenya d'abord, du Zimbabwe ensuite, avec environ 3 000 hommes du Derg. Il a obtenu l'asile politique au Zimbabwe et y vit depuis lors malgré les tentatives de l'Éthiopie d'obtenir son extradition.

Ces dix-sept années de règne ont connu de nombreuses violations des droits de l'homme, les exécutions déjà citées auparavant, la migration contrainte de centaines de milliers de fermiers dans les années 1980, l'utilisation de napalm et de bombes à fragmentations contre les civils dans les régions rebelles, le recours aux famines comme arme de guerre. Le Derg est responsable, selon les estimations de la mort de plus d'un demi million de civils. D'après certaines sources, le nombre de victimes est certainement bien plus élevé.


Le 13 décembre 1994, Mariam Mengistu Hailé fait partie d'une longue liste d'individus mis en accusation notamment pour crime de génocide. Un procès s'ouvre le 13 décembre en 1994 devant la Haute Cour par la lecture d'un acte d'accusation contre 73 accusés encore en vie, dont 26 se trouvent à l'étranger, en particulier Mengistu. Parmi les crimes reprochés aux accusés figurent le meurtre de 1'823 victimes identifiées, dont l'ancien empereur, des atteintes à l'intégrité corporelles de 99 victimes identifiées et la disparitions de 194 personnes identifiées. La politique de déplacement forcé de population, qui causera la mort d'environ 100'000 personnes au milieu des années '80 apparaît également dans l'acte d'accusation. Le Procureur général annonce en 1997 la mise en accusation supplémentaire de 5'198 personnes pour crimes commis durant la régime du Derg, dont 2'246 se trouvent en détention. En raison de la multiplicité des affaires et du nombre important de témoins à entendre, les procès sont lents (voir "contexte" pour plus de détails). Le 11 mai 2001, dans une allocution devant le parlement éthiopien, le procureur spécial de la Haute Cour a souligné que des efforts diplomatiques ont été engagés par le ministère des Affaires Etrangères pour que le colonel Mengistu, en exil au Zimbabwe, puisse comparaître. Le Zimbabwe a toutefois refusé sa collaboration.

Le 11 janvier 2007, il est condamné, par contumace, à la prison à vie par la Haute Cour fédérale du pays. Cependant, rien n'inquiète l'ancien Negus rouge, le Zimbabwe refuse d'extrader. "En dépit de la décision judiciaire en Ethiopie, le camarade Mengistu reste toujours un invité spécial du gouvernement zimbabwéen", a déclaré Paul Mangwana, ministre de l'information par intérim.

# Posté le vendredi 04 novembre 2005 10:39

Modifié le vendredi 14 décembre 2007 20:10

Meles Zenawi

Meles Zenawi
"Meles Zenawi est né le 8 mai 1955 à Adoua, dans le Nord de l'Ethiopie. Il a été un élève de la Queen Sheba Junior Secondary School et a fini son éducation en 1972 à la General Wingate School d'Addis Ababa. Il a alors rejoint la faculté de médecine de l'université d'Addis Abeba où il a étudié pendant deux années. Meles Zenawi a interrompu ses études en 1974 pour se joindre au Tigrai Peoples Liberation Front (TPLF). Il a été élu à la présidence du Comité du TPLF en 1979 et au Comité exécutif en 1983. Il est le Secrétaire général du TPLF et de l'Ethiopian Peoples Revolutionary Democratic Front (EPRDF) depuis 1989. L'EPRDF est une alliance politique regroupant les quatre principales organisations politiques du pays. Après la défaite de la junte militaire, Meles Zenawi est devenu le président du gouvernement intérimaire d'Ethiopie et le président du Conseil des députés (le corps législatif du gouvernement intérimaire) de 1991-1995. Il a été élu Premier ministre de la République fédérale et démocratique d'Ethiopie en 1995 puis réélu pour un deuxième mandat, en 2000. Il a été président de juin 1995 à juin 1996. Il est le co-président de la coalition mondiale pour l'Afrique. Il a aussi été activement impliqué dans les efforts de l'IGAD pour mettre fin aux conflits au Soudan et en Somalie ainsi que des Initiatives africaines pour trouver une solution à la crise du Burundi. Meles Zenawi a obtenu une maîtrise commerciale (avec mention) en Administration des affaires de l'Open University du Royaume-Uni, en 1995 et une maîtrise de science économique de l'université Erasmus des Pays-Bas, en 2004. Meles Zenawi est marié et père de trois enfants."

Meles Zenawi est le dirigeant éthiopien qui a engagé son pays vers le pluralisme politique et l'économie de marché. Il a remporté successivement les élections de 1995, 2000 et 2005. Depuis 2006, il a engagé l'Éthiopie dans une guerre contre les Tribunaux Islamiques en Somalie, dans le but de défendre le gouvernement provisoire somalien mais également pour protéger le pays des menaces terroristes.
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# Posté le vendredi 04 novembre 2005 11:05

Modifié le samedi 25 octobre 2008 13:33

La bataille historique d'Adoua

La bataille historique d'Adoua
Ménélik II, qui se fit proclamer successeur de Yohannès IV, conclut avec l'Italie le traité de Woutchalé (Ucciali en transcripiton italienne) le 1er octobre 1889. L'article XIX de ce traité affirmait que les versions amharique et italienne "concordent parfaitement entre elles". C'était une manière d'éluder l'usage du français comme langue de référence, alors qu'il avait servi comme langue de travail. Or il apparut que la concordance était loin d'être parfaite. L'article XVII, dans la version amharique, dispose que le roi des rois d'Éthiopie se réserve la faculté de se servir des agents du gouvernement italien pour ses relations avec les puissances européennes. Par contre, la version italienne dispose qu'"il doit... ". Cette dernière version plaçait de fait l'Éthiopie sous protectorat italien. Le gouvernement italien communiqua son texte aux puissances européennes. Ménéik dénonça la transcription italienne de l'article XVII du traité de Woutchalé. La tension monta dangereusement avec la signature, le 6 décembre; 1891, de la Convention du Mareb par Baldissera, gouverneur de la colonnie italienne et par le ras Mengyecha Yohannès. Cet acte contituait une véritable conspiration des princes et notables du Tigraï contre le nouvel empire. Une politique maladroite concernant la propriété foncière provoqua la révolte de Bahta Hagos dans la colonie italienne et entraîna l'échec de la Convention. La guerre fut alors inévitable.

A la bataille d'Amba-Alagué, que le fitaourari Guébéyéhou Abba Gora emporta au prix de sa vie, le major Toselli fut tué. Maqalé, occupé par une garnison italienne de quinze cents hommes que commandait le major Galliano, fut assiégé. Le premier assaut fut livré le 7 janvier 1896 par les hommes de Taïtou; d'autres suivirent les 8, 9, 10 et 11 janvier. Le contrôle des sources d'eau qui alimentent la place de Maqalé força les assiégés à entamer leurs réserves. Enfin Maqalé capitula le 20 janvier. Dix jours après, le contigent atteignait, sous bonne escorte, Adaga Hamous, où le général Baratieri rencontrait Galliano.
Voici comment Castonnet-des-Fosses dans son Abyssinie et les Italiens décrit la suite:
"La conduite de Ménélik cachait une manoeuvre. Après la capitulation de Makalé, les Abyssins avaient marché avec toutes leurs forces sur Adigrat. Mais à mi-chemin, le Negus changea de direction et gagné la région d'Axoum et d'Adoua. L'avant-garde avec laquelle marchait Galliano servait de rideau à cette manoeuvre et lorsqu'elle eut libéré les prisonniers elle regagna le gros de l'armée. La position d'Adigrat était menacée sur son flanc. Le Général Baratieri se trouvait dans une situation critique. Une offensive hardie des Abyssins pouvait l'isoler complètement et lui couper ses commnications. Battre en retraite, sans avoir combattu, lui semblait une honte; il préféra rester"... et négocier.
C'est à cette occasion que M. Crispi, le Premier ministre italien, qualifia de "phtisie militaire" les lenteurs et indécisions du général auquel il enjoignait d'avancer et dont il "voulait une victoire", alors qu'une partie de l'armée éthiopienne venait de passer le Mareb pour couper les communications entre Adigrat et Asmara. Par ailleurs, les défections des Éthiopiens, alliés aux Italiens, se multipliaient. Enfin Baratieri se décida à prendre l'offensive. Ce fut la bataille d'Adoua.
Le 1er mars 1896, à 9 heures du soir, l'armée italienne était forte de 18 000 hommes dont 4 à 5 000 auxiliaires recrutés dans les territoires occupés. Avec douze batteries réparties en trois colonnes que commandaient les généraux Da Bormida, Arimondi, Albertone et une réserve aux ordres du général Ellena, elle partait à la clarté de la lune vers les cols de Rebbi Arienni et de Kidané-Mehret où, d'après les rensignements, les troupes éthiopiennes s'étaient concentrées. Mais, à la dernière minute, celles-ci, informées par Awalom, le patriotique interprète de Baratieri, avaient évacué lesdits cols dans la nuit. A l'aube, les Italiens s'empressèrent de les occuper et se trouvèrent en présence de 40 à 50 000 Éthiopiens là où ils les attendaient le moins, à Adoua. L'aile gauche de l'armée fut enveloppée. Le combat fut rude. La retraite commença vers Ascura puis Adigrat, qui ne capitula qu'au mois de mai.
D'après l'éminent éthiopisant Carlo Conti Rossini qui étudia la campagne d'Adoua avec un recul de quarante années, cette bataille "est une des quatre batailles majeures dont l'histoire millénaire de l'Éthiopie se souvienne". C'est aussi "la première et l'unique fois dans l'histoire moderne de l'Europe que la vaillance et les étendards d'un État civilisé s'inclinent face au barbare"... il estime les pertes à "289 officiers, 4 600 soldats blancs, un millier d'Érythréens; 1 900 blancs furent faits prisonniers, 800 prisonniers ascaris furent amputés de la main droite et du pied gauche. Immense sacrifice pour une armée qui ne comptait que 16 500 hommes" (La Battaglia di Adua- conférence - Institut Oriental de Naples, 1939, p.65).

Extrait du livre de Brehanu Abebe: Histoire de l'Éthiopie d'Axoum à la révolution

Voici le commentaire du producteur du film "Adwa, an African victory", Haile Gerima:
" Ce fut une bataille des plus sanguinaires, un combat de boucliers et de flèches contre des armes à feu. Des éthiopiens qui défendaient désespérement leur terre jusqu'à leur dernière goutte de sang, et les colons Italiens qui mettaient en jeu leur prestige de nation européeenne à la chasse de nouveaux territoires dans cette partie de l'Afrique. Ils leurs arrivèrent quelque chose d'imprévisible, quelque chose que les chanceleries d'Europe s'empressèrent de nier, jurant que cela ne se reproduirait plus jamais: le "noir" infligea une défaite au "blanc", l'Afrique à l'Occident".

# Posté le samedi 05 novembre 2005 09:33

Modifié le mercredi 06 juin 2007 12:15

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# Posté le mercredi 27 janvier 2010 18:03

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# Posté le mercredi 27 janvier 2010 18:04

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# Posté le mercredi 27 janvier 2010 17:56

L' alphabet

L' alphabet
L'Éthiopie est un des seuls pays d'Afrique qui dispose de son propre alphabet. L'amharique est une langue appartenant au groupe sémitique. Il est parlé en Éthiopie par une grande majorité de la population, soit comme langue maternelle soit comme langue seconde. Il a dans ce pays le statut de langue officielle. Il s'écrit à l'aide d'un alphasyllabaire dérivé du gheez, une langue d'origine sémitique. L'alphabet est donc composé de 296 caractères représentant chacun une syllabe. La dernière ligne de caractères sur l'image représente les chiffres de 1 à 9, puis les nombres 10, 20, 30, 40, 50, 60, 70, 80, 90, 100 et 1000

# Posté le samedi 05 novembre 2005 11:26

Modifié le vendredi 08 juin 2007 09:07

La musique éthiopienne

Peu médiatisée, souvent ignorée, longtemps reléguée dans l'ombre par les œuvres de Bob Marley, la musique éthiopienne ne recèle pas moins de véritables trésors, que nous tenterons de vous faire partager. Malheureusement, nous n'avons pas la prétention de vous présenter tous les artistes incontournables de la scène abyssine, à l'instar de Gigi, Hamelmal, Lafonten, Neway ou l'étoile montante Jonny Ragga. Néanmoins, des légendaires Mahmoud Ahmed et Tilahun aux plus jeunes Aster Aweke et Teddy Afro, tous les goûts et sensibilités sont représentés, pour tenter de satisfaire tous les (futurs) amoureux de la musique ethiopienne.

# Posté le samedi 05 novembre 2005 11:38

Modifié le vendredi 27 janvier 2006 13:44